Quand on entre dans une vieille église un jour de fête, ou dans certains temples d’Orient, c’est souvent lui que l’on sent : un parfum boisé, frais, légèrement citronné, qui semble élever l’air de la pièce. L’oliban, aussi appelé encens tout court, est l’une des plus anciennes substances brûlées par l’homme pour honorer le sacré.
Ce guide vous raconte d’où vient cette résine, la place qu’elle occupe dans les traditions, et comment la brûler chez vous.
Qu’est-ce que l’oliban ?
L’oliban est une résine produite par de petits arbres du genre Boswellia. On pratique une entaille dans l’écorce ; une sève laiteuse s’en écoule, puis durcit à l’air en formant des larmes translucides, blanches, jaunes ou ambrées. Ces larmes sont récoltées quelques semaines plus tard.
Plusieurs espèces donnent de l’oliban :
- Boswellia sacra, dans le sud de la péninsule arabique (Oman, Yémen) et en Somalie ;
- Boswellia papyrifera et Boswellia carterii, dans la Corne de l’Afrique ;
- Boswellia serrata, en Inde, où la résine est utilisée depuis des siècles dans les rites.
Son nom viendrait de l’arabe al-lubān, « le lait », en référence à la sève blanche qui s’écoule de l’arbre. Les anglophones l’appellent frankincense.
Une résine chargée d’histoire
La route de l’encens
Pendant des siècles, l’oliban a été l’un des produits les plus précieux du monde antique. Des caravanes le transportaient depuis le sud de l’Arabie jusqu’à la Méditerranée, le long de ce que l’on appelle la route de l’encens. Les Égyptiens le brûlaient dans leurs temples, les Grecs et les Romains l’offraient à leurs dieux.
Dans le christianisme
Dans le récit de l’Évangile, l’encens est l’un des trois présents apportés par les Mages à l’enfant Jésus, avec l’or et la myrrhe. Aujourd’hui encore, les Églises catholique et orthodoxe le brûlent dans l’encensoir lors des grandes célébrations : sa fumée qui monte symbolise la prière qui s’élève.
En Inde
En Inde, la résine de Boswellia serrata entre dans la composition de nombreux encens et de mélanges de fumigation. L’encens fait partie des offrandes de la puja, présentées aux divinités avec la lampe, les fleurs et la nourriture. Le soir, on fait encore fumer des résines dans les maisons pour marquer la fin de la journée.
Ce que la tradition associe à l’oliban
Dans les usages spirituels, l’oliban est surtout associé à :
- l’élévation : sa fumée légère accompagne la prière et la méditation ;
- la purification d’un lieu, avant un rituel ou une fête ;
- la solennité : on le garde volontiers pour les moments que l’on veut marquer ;
- le recueillement, lors d’un deuil ou d’un anniversaire.
Ce sont des associations traditionnelles et symboliques. L’oliban n’a pas de vertu médicale lorsqu’on le brûle : c’est un parfum et un support d’intention.
Comment brûler l’oliban
L’oliban se brûle sur un charbon ardent, une petite pastille qui se consume lentement.
- Préparez un support résistant à la chaleur, par exemple une coupelle en céramique ou en métal garnie de sable ou de sel.
- Allumez le charbon en le tenant avec une pince, au-dessus de la coupelle. Il crépite en s’allumant.
- Attendez qu’il se couvre de cendre grise, cinq à dix minutes environ. Déposer la résine trop tôt donne une fumée âcre.
- Déposez deux ou trois larmes d’oliban sur le charbon. Commencez petit : la fumée monte vite.
- Laissez la résine fondre, puis ajoutez une ou deux larmes quand la fumée faiblit.
- Aérez pendant et après, et ne quittez pas la pièce tant que le charbon est chaud.
Si l’odeur devient âpre, le charbon est trop chaud : posez les larmes sur le bord de la pastille ou sur le sable, tout contre elle. Notre guide complet pour brûler de la résine d’encens sur un charbon détaille chaque étape et les solutions sans charbon.
Quand utiliser l’oliban
- Pour méditer, lors d’une séance longue ou du soir. Notre guide de l’encens pour méditer le compare au santal et au nag champa.
- Pour une récitation de mantras, par exemple le Maha Mrityunjaya mantra ou un tour de mala.
- Pour purifier une pièce, après l’avoir aérée. Voyez notre guide pour purifier sa maison des mauvaises énergies.
- Pour les fêtes et les jours particuliers : une puja à Diwali, le soir de Noël, un anniversaire, un nouvel an.
Oliban, Sambrani ou santal : lequel choisir ?
| Encens | Forme | Parfum | Usage conseillé |
|---|---|---|---|
| Oliban | Résine sur charbon | Boisé, frais, citronné | Méditation longue, jours particuliers |
| Sambrani | Résine sur charbon | Chaud, sucré, légèrement épicé | Fumigation du soir, pour débuter avec les résines |
| Bois de santal | Bâtonnet | Doux, boisé, crémeux | Méditation quotidienne, prière |
Pour en savoir plus, lisez nos articles sur la résine d’encens Sambrani, l’encens bois de santal et notre guide pour reconnaître un encens naturel.
Les précautions à prendre
- Aérez : la fumée d’une résine est dense, même pure.
- Ne laissez jamais un charbon sans surveillance ; il reste brûlant longtemps après la fin de la fumée.
- Posez toujours la coupelle sur une surface qui ne craint pas la chaleur, loin des rideaux et des papiers.
- Gardez l’oliban et le charbon hors de portée des enfants et des animaux.
- Évitez la fumée en présence d’une personne gênée par la fumée, d’un nourrisson ou d’un oiseau.
Notre oliban
Notre encens oliban Goloka est une résine pure, sans ajout, venue d’Inde, en boîte de 50 g. Il se brûle avec notre charbon ardent pour encens. Vous trouverez toutes nos résines et nos bâtonnets dans nos encens naturels.
Ce qu’il faut retenir
L’oliban est la résine de l’arbre à encens, le Boswellia, brûlée depuis l’Antiquité dans les temples, les églises et les maisons. Son parfum frais et boisé accompagne la méditation, la prière et les jours de fête. Déposez quelques larmes sur un charbon bien couvert de cendre, aérez, et laissez sa fumée marquer vos moments de recueillement.
