L’encens est plus ancien que bien des civilisations. Sa fumée parfumée a traversé les âges, les continents et les croyances. Voici son histoire, des rives du Nil aux temples japonais, en passant par les routes commerciales de l’Arabie antique.
Origines et premiers usages
Tout commence en Égypte, au pays des pharaons. On raconte que c’est sur les rives du Nil que l’encens diffusa ses parfums pour la première fois. Des navires égyptiens partaient vers l’Arabie et la Somalie, d’où ils ramenaient des résines destinées aux cérémonies et aux rites funéraires. La fumée, messagère de lumière, devait accompagner les âmes des défunts vers les étoiles.

Dans les palais et les temples, l’encens parfumait l’air et apaisait les divinités par ses douces fragrances. Des boules de résine retrouvées dans des tombes anciennes témoignent de son importance dans l’Égypte des pharaons. L’encens s’est aussi installé dans la vie quotidienne, pour le plaisir des sens et la détente : le mot « parfum » lui-même renvoie à l’idée de « par la fumée », signe du lien ancestral entre l’encens et l’art de la parfumerie.
L’encens dans les différentes cultures
Chaque civilisation s’est approprié l’encens selon ses rites et ses convictions. Voici un tour du monde olfactif.
En Égypte, l’encens imprégnait la vie religieuse et quotidienne : rituels sacrés, purification des demeures et des temples, embaumement. Les Babyloniens y voyaient un intermédiaire entre le monde terrestre et le divin, sa fumée portant les prières vers les cieux.
Dans la Grèce et la Rome antiques, il accompagnait les offrandes. En Inde, il est devenu un pilier de l’hindouisme : rituels, purification des temples, création d’une atmosphère sacrée, et usages traditionnels de l’ayurvéda. La Chine l’utilise depuis l’époque néolithique pour les cérémonies et l’hommage aux ancêtres. Son usage atteint son apogée sous la dynastie Song, avec de nombreux bâtiments dédiés aux rituels d’encens.
Au Japon, l’encens est introduit au VIe siècle par des moines bouddhistes venus de Corée. Utilisé d’abord pour la purification, il devient un raffinement de la cour impériale, puis un compagnon de la méditation zen. Peu à peu, l’art d’apprécier l’encens se transforme en une pratique codée, le Kōdō, « la voie de l’encens » : une discipline sensorielle et spirituelle où les participants « écoutent » les parfums de différents bois précieux avec attention et silence intérieur.

Dans le judaïsme, l’encens occupait une place de choix : au Ve siècle avant J.-C., le Temple de Jérusalem réservait des autels aux offrandes d’encens. Le christianisme l’a intégré à ses rites : la fumée qui s’élève est vue comme l’image de la prière des fidèles montant vers Dieu. On l’utilise lors de l’Eucharistie, des offices solennels, des funérailles ou de la consécration d’une église, notamment dans l’Église orthodoxe. Voyez notre article sur l’encens de purification et celui sur la signification de brûler de l’encens.
L’islam utilise aussi l’encens lors d’événements divers et lors du nettoyage de la Kaaba à La Mecque. Enfin, d’autres cultures l’ont adopté, comme le Palo Santo en Amérique du Sud, pour purifier les espaces, ou l’encens en corde au Tibet, dans les rituels quotidiens et la méditation.
Les différents types d’encens
- Bâtonnets : la forme la plus populaire, comme l’encens Nag Champa, formés en enrobant un bâtonnet de bambou d’une pâte d’encens. Courants en Inde et en Chine.
- Cônes : à combustion assez rapide, inventés au Japon au XIXe siècle.
- Spirales : elles brûlent de plusieurs heures à plusieurs jours, courantes dans les cultures chinoises.
- Poudre d’encens : la forme la plus ancienne, généralement brûlée sur des charbons ardents.
- Encens en pâte : poudre mélangée à un liant (fruits secs, miel, résine), courant en Arabie.
Les usages de l’encens
Les parfums varient selon les ingrédients : la lavande et le bois de santal sont associés à la détente, les agrumes à l’élan, le romarin à la concentration, le jasmin et la rose à la sensualité. Beaucoup de personnes brûlent un encens pour :
- se détendre le soir, avant de dormir ;
- accompagner la méditation et la concentration ;
- parfumer et purifier leur espace, selon la tradition ;
- créer une ambiance chaleureuse.
Choisissez de préférence des encens naturels de qualité et aérez la pièce pendant et après la combustion.
L’encens aujourd’hui
Relaxation, méditation, purification des espaces, concentration : l’encens est partout. En Occident, il connaît un véritable regain d’intérêt, dans les pratiques de bien-être comme pour créer une atmosphère apaisante à la maison.
En conclusion : un héritage parfumé
Utilisé depuis des millénaires pour le sacré, le quotidien et le plaisir, l’encens a traversé les âges, les cultures et les croyances. Son commerce a façonné les civilisations et favorisé les échanges. Découvrez notre sélection d’encens naturels pour faire vivre cette tradition chez vous.








