Mala de rudraksha ou mala tibétain : les différences et comment choisir

mala de santal

On les voit de plus en plus : au poignet dans les cours de yoga, portés en collier, parfois simplement comme un bijou. Le mala de rudraksha et le mala tibétain se ressemblent au premier regard. Tous deux comptent le plus souvent 108 perles et servent à compter les répétitions d’un mantra. Ils viennent pourtant de deux traditions différentes, et ce qui les distingue aide à choisir le vôtre.

Deux traditions, un même geste

Le mot mala signifie « guirlande » en sanskrit. Le principe est le même dans les deux cas : on fait glisser les perles une à une entre ses doigts, en récitant un mantra ou en suivant son souffle. Le geste occupe la main, ce qui aide l’attention à rester présente. Au bout d’un tour, on sait que l’on a récité 108 fois sans avoir eu à compter.

Le mala de rudraksha

Le mala de rudraksha vient de la tradition hindoue, et plus précisément shivaïte. Ses perles sont des graines d’Elaeocarpus, un arbre qui pousse au pied de l’Himalaya, au Népal et en Inde. La légende les relie aux larmes de Shiva, d’où leur nom : Rudra, l’un des noms de Shiva, et aksha, l’œil.

La plupart des malas sont faits de graines à 5 faces, la forme la plus courante, associée à Shiva et aux cinq éléments. On y récite traditionnellement Om Namah Shivaya. Une 109e perle, plus grosse, marque le début et la fin du tour : c’est la perle gourou. Pour en savoir plus sur la graine elle-même, voyez notre page sur la signification du rudraksha.

Le mala tibétain

Le mala tibétain vient du bouddhisme himalayen. Ses matériaux sont beaucoup plus variés : graines de bodhi (l’arbre sous lequel le Bouddha aurait atteint l’éveil), graines de lotus, bois, os de yak, et parfois pierres comme la turquoise ou le corail. Il porte souvent des compteurs, petites cordelettes munies d’anneaux qui permettent de compter les tours, ainsi que des perles d’ornement en métal.

Le mantra le plus associé au mala tibétain est Om Mani Padme Hum, le mantra de la compassion, lié à la figure d’Avalokiteshvara. Certains malas tibétains comptent 108 perles, d’autres 27 ou 54, selon la pratique.

Les différences en un coup d’œil

  • Tradition : hindoue et shivaïte pour le mala de rudraksha, bouddhiste tibétaine pour le mala tibétain.
  • Matériaux : graines de rudraksha d’un côté ; bodhi, lotus, os, bois ou pierres de l’autre.
  • Mantras : Om Namah Shivaya pour le premier, Om Mani Padme Hum pour le second, même si rien n’interdit de réciter le mantra de votre choix.
  • Ornements : le mala de rudraksha reste sobre, noué entre chaque graine ; le mala tibétain porte souvent des compteurs et des perles de métal.
  • Nombre de perles : 108 plus la perle gourou pour le mala de rudraksha ; 108, 54 ou 27 pour le mala tibétain.

Pourquoi 108 perles

Le nombre 108 revient sans cesse dans les traditions de l’Inde, et les explications varient selon les écoles. En voici trois parmi les plus citées.

  • L’astrologie védique : 12 maisons multipliées par 9 planètes donnent 108.
  • La langue sanskrite : l’alphabet compte 54 lettres, chacune ayant une forme masculine et une forme féminine, soit 108.
  • Les noms divins : de nombreuses divinités sont honorées par une litanie de 108 noms, que l’on récite justement sur un mala.

Notre article sur le mala 108 perles détaille cette symbolique.

Les règles d’usage

La tradition entoure le mala de quelques principes simples. Ils ne sont pas des obligations : ils aident surtout à faire du geste un moment à part.

  • La main : dans la pratique hindoue, on égrène le mala de la main droite, les perles glissant entre le pouce et le majeur, sans utiliser l’index. Dans la pratique tibétaine, on le tient souvent de la main gauche.
  • La perle gourou : on ne la franchit pas. Au bout du tour, on retourne le mala et l’on repart dans l’autre sens.
  • Un objet personnel : le mala ne se prête pas, car il garde la trace de votre pratique.
  • Avant la première utilisation : beaucoup de pratiquants le purifient, par exemple avec de la fumée d’encens. Notre guide d’entretien et de purification du rudraksha décrit les méthodes les plus simples.

Les nœuds entre les perles ont aussi leur rôle : ils protègent le fil et marquent le rythme. Nous leur avons consacré un article, les nœuds entre les perles d’un mala.

Collier ou bracelet

Le collier de 108 perles est la forme traditionnelle. Il permet un tour complet de mantra et convient aux méditations longues. Vous le trouverez dans nos malas en graines de rudraksha, enfilés à la main.

Le bracelet mala compte moins de perles, souvent 21 ou 27. Plus discret, il se porte au quotidien comme un rappel de son intention, et peut servir pour de courtes pratiques. Notre bracelet tibétain tressé en graines de rudraksha réunit d’ailleurs les deux traditions : des graines de rudraksha sur un tressage à la tibétaine.

Lequel choisir

Si vous pratiquez les mantras de la tradition hindoue ou si la figure de Shiva vous parle, le mala de rudraksha est le choix naturel. Si votre pratique s’inscrit dans le bouddhisme tibétain, un mala tibétain aura plus de sens. Et si vous commencez simplement à méditer, choisissez celui que vous aurez plaisir à tenir chaque jour : la matière, le poids et le toucher comptent plus que la règle.

Pour aller plus loin, notre guide comment choisir son mala passe en revue les critères pratiques, et comment méditer avec un mala décrit le geste pas à pas.